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FIGHT NIGHT - Création

05/04/2013 — Ontroerend Goed en partenariat avec la compagnie australienne The Border Project. Cinq acteurs. Cinq rounds. Votre voix. Un seul survivant. Ontroerend Goed fait tout pour que ce ne soit pas le meilleur qui gagne. PREMIERE 10/4/2013 au Vooruit à Gand

FIGHT NIGHT – coalition entre Ontroerend Goed et The Border Project – est une mission de reconnaissance politique masquée en jeu théâtral interactif. Cinq acteurs prennent le rôle de « candidats », qui rivalisent pour capter la sympathie et le vote du public. Seul l’un d’eux survivra aux tours éliminatoires. Aussi toutes les tactiques et stratégies sont-elles autorisées pour l’emporter.
Cette âpre compétition se déroule sur un podium qui évoque le ring de boxe, sauf que les poings y sont remplacés par les paroles et les regards. Armé d’une urne, le public décide de qui peut rester ou doit s’en aller, mais finit par s’embourber dans un système de plus en plus complexe et opaque de règles et de manipulations. Comme dans les campagnes politiques médiatisées, les sondages d’opinion et les pronostics, les débats et les offensives de charme mettent à l’épreuve la loyauté et le bon sens des électeurs, jusqu’à faire vaciller l’idée de « libre choix ».
Fight Night est politique de part en part, mais jamais explicite. Les candidats ne formulent aucune idéologie particulière ni ne se prononcent sur des questions sociales ou sur la réalité économique. En ôtant de leurs discours tout message politique identifiable, la représentation attire l’attention sur la vraie raison et la vraie motivation qui fondent le choix des électeurs. Ce qui est en jeu est la manière avec laquelle la notion de « pouvoir au peuple » est mise en pratique dans les démocraties contemporaines. Fight Night illustre comment les idées et les contenus ne sont pertinents que s’ils créent une différence statistiquement significative et que, par les chiffres, ils accroissent les chances de prendre le pouvoir.
Comme dans Audience de Ontroerend Goed (2011), le public se trouve placé au cœur dramatique de la représentation. Là où la production précédente échauffait les spectateurs jusqu’à en faire une foule pour, ensuite, les confronter à la beauté et aux dangers des comportements de groupe, Fight Night leur donne le rôle d’électeurs dotés du pouvoir de trancher quant à la suite de la représentation. Tandis qu’ils se fraient un chemin à-travers l’arbitraire et l’irrationalité, les doutes et les objections de conscience, la représentation les mène sur la voie de la « majorité ». 

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