Rosalba Torres Guerrero

DANSE — Pour leur nouvelle création, les chorégraphes Koen Augustijnen et Rosalba Torres Guerrero (Siamese Cie) poursuivent leur collaboration artistique, à la recherche de nos expériences comme être humain, de nos émotions constitutives et de leur incarnation dans une danse-théâtre articulée.

Lamenta portera son regard sur les différents états traversés quand survient la perte. Dans toutes les cultures ont existé des rites entourant le deuil, portés par le chant, la musique et la danse pour pouvoir collectivement exprimer, partager les tourments émotionnels et créer un chemin pour s’en libérer. Dans nos sociétés contemporaines, bon nombre de ces rituels ont disparu, bien qu’ils persistent dans certaines cultures et régions, comme dans l’Épire, au nord de la Grèce.


La principale source d’inspiration pour Lamenta sont les ‘miroloï’ de l’Épire, chants de lamentation reliés à la perte, non seulement lors d’un décès, mais également lorsque quelqu’un quitte sa famille pour se marier ou pour émigrer. Augustijnen et Torres Guerrero ont voyagé en Grèce plusieurs années et ont été en contact avec ces rituels chargés. À l’Epire, ils y ont rencontrés des musiciens de talents dont Xanthoula Dakovanou, la directrice artistique du Kerasovo festival ainsi que le célèbre clarinettiste Nikos Fillipides, qui gardent en vie ces traditions.

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Conjointement, de nouvelles versions de ces lamentations grecques ont été enregistrées et forment l’épine dorsale émotionnelle de la pièce. La dramaturgie musicale débute par la restitution du ‘miroloï’ dans sa forme originale puis glissera vers sa forme plus contemporaine, sous influence post-rock, qui la réactualise et la connecte au monde d’aujourd’hui.

Torres Guerrero et Augustijnen rassemblent pour l’occasion un groupe hétérogène de neuf danseur-seuses grec-ques contemporains de haut niveau aux techniques variées. Ensemble ils exploreront l’énergie des danses et musiques grecques, dans leur qualité à la fois terrienne et transcendantale, pour déployer et nourrir une création, à l’image d’un rite contemporain pour s’affranchir de la douleur de la perte, quelle qu’elle soit. Lamenta suit les pas de Badke (2013) dont la danse traditionnelle la ‘dabkeh’ a donné l’élan initial.